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Sortons Martin de la rue

Organisé pour : Martin

L'actualité nous parle de plan pauvreté, de projets d'hébergements pour les personnes vivants dans la rue,... de l'abstrait quand on est confronté au quotidien de la rue. Martin est un de ses visages qu'on préfère éviter du regard. Martin est celui qui vous fait trépiner d'impatience pour que le feu passe au vert. Martin est celui qui a dormi sur le banc sur lequel vous allez vous asseoir en attendant le métro.

 

 Une enfance sans innoncence, une jeunesse en détresse

 

Aaaah, il est mignon sur cette photo de profil; comme vous pouvez en voir en profusion sur les réseaux sociaux. Mais que se cache t'il derrière ? Martin fêtera ses 24 ans ces prochains jours. Oubliez les confettis que tous les jeunes de son âge ont droit, le coeur n'y ai pas. 

 

Des parents absents (sauf sur les réseaux sociaux), Martin a connu une enfance ballotée de foyers en foyers. Le profil type qui peut mener à la violence ou encore à la délinquance. Martin les a expérimentés ! Et si il ne peut effacer son passé, il souhaite maintenant s'en émanciper. Car la rue, jungle urbaine, vous change inévitablement. En mal pour beaucoup, en bien pour certains. Martin est de celà, acceptant sa situation avec humilité.

 

Manutentionnaire informatique il y a moins de 6 mois, Martin a perdu son emploi. Martin a perdu son logement. Qui pourrait en être exempt ? Depuis 3 mois, il a rejoint la rue, comme, hélas, sa soeur et son copain. Ils se retrouvent à trois au carrefour du Faubourg de Béthune à Lille. Ils doivent arriver tôt car le point est convoité et peut être source de conflit, même entre démunis. Son défi quotidien est de récolter assez d'argent pour passer la nuit en auberge de jeunesse. Où il dormira au chaud mais dans des conditions sommaires. Vous connaissez la grâce mat du week end ? Pas lui...

 

Par défaut, il passe la nuit sur un banc ou à même le sol dans la gare à proximité. C'est là qu'il a eu un échange tendu avec la sûreté ferroviaire lui confisquant des sacs de vêtement. Oui, Martin n'a quasiment plus rien.

 

Mais il lui reste de la dignité, allant jusqu'à refuser de l'argent d'une personne en difficulté... et de l'humour. Ainsi, une jolie fille passe et lui sourit, il dit "Ah je dors peut-être pas dehors ce soir". Eh oui, aussi étonnant soit-il, Martin est célibataire... Mesdemoiselles ;)

 

De bénévole à bénéficiaire

La vie est parfois ironique ou cynique. En avril dernier, avant sa descente aux enfers, Martin avait un projet. Sans commentaire, le voici (capture d'écran facebook)

 

"Traverse la rue puisque t'es déjà sur un passage clouté"

 

Des solutions ? Martin en cherchent ! Moins de 25 ans, pas de droit aux RSA ! Pas de logements, il ne peut s'inserer dans un dispositif "jeune" comme il en existe tant.

 

D'autres en "cherchent" pour lui avec les "Va bosser" qu'il entend à longueur de journée, "Dors dans la rue", pourrait-on leur répondre. Il faut connaître la situation avec de juger. Dernièrement un post sur facebook a relayé une photo de lui, pour entraide. Là également, on peut tout y lire (comme le titre de ce paragraphe,ndlr) ou des messages de soutiens. 220 commentaires et 1 seule personne est venue à sa rencontre. MAIS, Oui, Martin veut bosser ! Mais il lui faut des solutions d'urgence pour dormir.

 

Car "deal", faites le test: allez travailler avec vos sacs de vêtements sales sous le bras en sachant que la nuit vous êtes dehors... Sans hygiène, sans sommeil, combien de temps tiendrez-vous ? Et votre employeur ?

 

S'en sortir pour se reconstruire

 

Martin a un projet ! Cycliste par la force des choses, il veut intégrer une entreprise de service en tant que livreur à domicile. Son seul obstacle ? Il lui faut un smartphone pour les commandes et les itinéraires. Il s'est renseigné, le coût est estimé à 160€. Le sac est à sa charge également.

 

Le logement qu'il occupait le trimestre dernier est encore vacant et en suspend. Son propriétaire est prêt à lui donner une seconde chance s'il "éponge" ses arriérés, d'un montant de 680€.

 

Ainsi, avec 1000 euros, il peut envisager un nouveau départ dans sa vie et redonner un sens à sa jeunesse. Et pour passer de l'abstrait au concret, nous vous proposons une cagnotte en ligne. Imaginons si nos 220 commentateurs s'évitent un kebab ou un paquet de clope ce mois-ci, c'est bouclé. Après, bien entendu, il n'y a pas de montant minimum (même 1€, sauf si ça plombe votre budget mensuel bien entendu)... et il n'y a pas de montant maximum.

 

A défaut, si vous pouviez au moins partager cet article... Où même envoyez lui un "courage" par SMS (c'est gratuit), son numéro est sur sa pancarte...

 

Objectif simple, ensemble #SortonsMartinDeLaRue et devenez les TéNords de la solidarité.

 

MAJ 22/10/2018 - 14h57

 

Bonjour,

 

Vous avez été presents pour pouvoir m'aider à m'en sortir et je tenais à vous en remercier. Je tenais à vous informer que, grâce à vous, je regagnerai prochainement mon logement et que des perspectives professionnelles se paufinent.

 

Ayant été aidé, c'est à mon tour de le faire. Ainsi, avec le "surplus" de la gagnotte, je souhaite venir en aide à ma soeur et son copain, Fel et Gaëtan également à la rue. Grâce à votre solidarité, c'est peut être 3 personnes qui seront à l'abri cet hiver. Et si ma soeur se stabilise, elle pourra récupérer ses enfants. Ce que toute mère souhaite.

 

Je n'ai pas de mot assez fort pour vous dire ma gratitude car je n'aime pas qu'on m'aide. Mais parfois, il faut savoir dire un simple "Merci".

2 469 €

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Actualités

Le 20 novembre 2018 Judicael VANHONACKER a écrit :

Le 5 novembre 2018 Judicael VANHONACKER a écrit :

*

Bilan/Témoignage - Une expérience de vie unique

par Mikaël BOUDAL, créateur de cette cagnotte

 

Après quelques déboires, Martin a enfin pu passer sa première nuit dans son ancien logement, accompagné par sa soeur et son beau frère. Ce dénouement n'a été possible que grâce à la mobilisation de chacun(e)s ici.

Oui, grâce à vous, trois personnes ont pu avoir des moments de répits dans un quotidien difficile. Même si bien sûr, tout reste à faire encore.

Je souhaitais cependant prendre la forme personnelle pour revenir avec vous sur ses 3 semaines.

 

Quand j'ai lancé cette cagnotte en ligne, Martin n'y croyait pas. Après avoir entendu tant de personnes qu'il lui avait dit "je vais t'aider" puis plus rien, logique.

Avec mon tonneau de Saint-Bernard, je voulais faire quelque chose pour lui. Et je me suis pris au jeu... Au début, la confiance n'a pas été facile et Martin refusait même de dormir chez moi ne voulant pas passer pour un "profiteur" ou encore par rapport à sa soeur. Et moi, j'avoue, forcément même si j'avais confiance en lui, pas facile d'accueillir 3 personnes que l'on ne connaît pas ni d'Eve, ni d'Adam...

 

Puis le quotidien de la rue nous a rattrapé: conflits entre démunis, vol, agression. Un soir, devant le danger, plus d'hésitation à avoir, ils sont venus. 

Ils ont été surpris que je ne les jugent pas sur leur passé, notamment sur la consommation de produits illicites (surtout n'en ayant jamais consommé).

Ah ! La lecture devient difficile ? Leur quotidien aussi.

Comme j'ai pu leur dire: il est toujours facile de jouer au père/mère la morale quand on sait où on va dormir cette nuit. Vivez pendant 3 mois ou plus dehors, avec tout ce que ça engendre, vous verrez si vous n'aurez pas envie d'échapper vos esprits quelques instants.

Oui, ok, certains ne vivant pas leur quotidien n'attendent pas celà pour se siphonner une bouteille...

Ah l'addictologie: alcool, cigarette, drogue, coca (pour moi ^^). Comprendre est plus difficile que juger...

 

Et parfois il suffit de peut de chose: juste une main tendue, juste quelques nuits au chaud, juste une confiance en l'autre pour que les choses changent. Après ces 15 jours, sans jugements, en ne regardant pas derrière mais devant, ces trois jeunes veulent "(re)prendre" le cours de leur vie en main avec emploi, logement, traitement comme vocabulaire. Et vous voyez les jugements sont ridicules, et même moi, celui qui prétend ne pas juger, je me suis fait avoir... Gaëtan, le beau frère, que je croyais le plus éloigné de la réinsertion m'a complètement surpris avec un CV refait/déposé et un entretien à la clé. Je pense qu'il avait juste besoin de reprendre confiance en lui.

 

Quant à Martin, il a des perspectives qu'il doit/veut se saisir. Les cartes sont entres ses mains, Joséphine peut claquer des doigts...

 

Parlons, enfin, de moi. Connaissant le monde de la rue, je me suis toujours dit que personnes n'est à l'abri d'une situation d'exclusion. Mais cette expérience m'a permise aussi d'avoir un impact sur moi et vous conseille à tous de la vivre. Depuis quelques temps, je me lamentais sur mon nombril ayant des difficultés à retrouver un emploi. Et ce genre d'expérience vous permet de relativiser sur votre petite personne. Oui aider quelqu'un c'est parfois s'aider soi-même. Une confiance en soi aussi de retrouver quand vous vous dites que vous avez réussi à sortir quelqu'un de la merde ou tout simplement, comme il m'a été dit "de redonner goût aux choses de la vie". 15 jours dans ma vie ne la changera pas mais peut changer celle de quelqu'un.

Alors, demain, si vous croisez quelqu'un qui vit dans la rue, ne la stigmatisait pas, ne la jugeait pas. Dites vous simplement "Et si c'était moi ?"

 

 

 

* Ceci est une boisson non alcoolisée. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération. 

Le 28 octobre 2018 Judicael VANHONACKER a écrit :

Martin >> La rue vous fragilise ! Sociologiquement, psychologiquement et physiquement. Avant de pouvoir ENFIN regagner son logement, Martin est hospitalisé 4 à 5 jours afin d'y traiter une infection pulmonaire.

Organisé par

Judicael VANHONACKER

Valérie YOUMBI a participé 20 €

patrick Pruvot a participé

NICOLE CHABEAU a participé 10 €

Anonyme a participé 10 €

Anonyme a participé 12 €

Anonyme a participé

Anonyme a participé

isabelle miranville a participé

Fabienne DROUART a participé 10 €

Anonyme a participé 5 €

Camille Allain a participé

Carole a participé 5 €

Valérie Vanwic a participé 5 €

Anonyme a participé

Clara Smaïn a participé

Laura Maire a participé 15 €

german veronique a participé

ANNE ET BRUNO bochner aine a participé

Charlotte Cadalen a participé 10 €

Vincent Vangogh a participé 10 €

Fabienne Vernaët a participé 5 €

pierre delunsch a participé 20 €

Christelle Fourcroy a participé 5 €

Emilie Haage a participé

Le 18 novembre 2018
patrick Pruvot
j'ai vu votre annonce sur WEO, ceci est une petite contribution pur vous aider vous et votre soeur. bon courage
Le 29 octobre 2018
Anonyme
Très belle action
Le 24 octobre 2018
ANNE ET BRUNO bochner aine
bravo et bon courage
Le 22 octobre 2018
roland BRASSOD
Je vous souhaite une belle réussite ! j'ai aussi connu la galère ! courage a vous
Le 22 octobre 2018
Christiane Dumont
Merci pour cette initiative
Le 22 octobre 2018
Anonyme
Merci pour cette belle initiative !
Le 21 octobre 2018
Sophie Mahieu
Votre histoire m a touchée. Je ne doute pas que vous vous en sortirez. Bon vent
Le 21 octobre 2018
Anonyme
De tout 💙 avec toi Martin ! 🤞
Le 21 octobre 2018
Yves BOUILLET
Merci pour cette initiative. Il est possible d'infléchir pour un avenir meilleur grâce à la solidarité. Courage et patience pour ce jeune qui sortiras de la rue !
Le 21 octobre 2018
Guillaume Couillez
Bon courage à toi Martin!